Le Comminges au Moyen-Âge Collégiale de Saint-Gaudens

Le Comminges au Moyen-Âge

Le Comté de Comminges

Au Moyen Âge, Le Comminges forme un comté puissant et relativement autonome, centré autour de la ville de Saint-Bertrand-de-Comminges.

Le Comminges est le territoire des Convènes (peuple aquitain) qui durant l’Antiquité était regroupé autour de Lugdunum Convenarum (Saint-Bertrand-de-Comminges).

L’origine du comté remonte entre le IXe et Xe siècle. Après la chute de l’Empire carolingien, la région se structure autour d’un comté féodal : le comté de Comminges.

Au moyen-âge, le territoire a pour capitale Muret. Le val d’Aran appartenait au Comminges jusqu’au XIIIe siècle. 
Des familles nobles locales prennent progressivement le contrôle du territoire.
Le pouvoir des rois francs est lointain : les comtes gouvernent de manière quasi indépendante.

La position du Comminges est stratégique, au contact des Pyrénées et de l’Espagne et sur des routes commerciales entre Toulouse et l’Aragon.

La dynastie des comtes de Comminges domine la région pendant plusieurs siècles.
Parmi les plus importants on retient au XIIè siècle Bernard III (Fils de Bernard Ier et de Dias de Samatan, frère de Bernard II) son nom Dodon de Samatan il le donnera la ville de L’Isle-en-Dodon. Bernard VII consolide la cité de L’Isle-en-Dodon en bâtissant sur ce qui existe déjà des fortifications, du château et de l’église qu’il agrandit et qui devient l’église Saint-adrien après effondrement de celle qui existait du temps de la sauveté.
Bernard IV de Comminges (fils de Dodon et d’une fille d’Alphonse Jourdain qui était comte de Toulouse), il participe aux luttes féodales dans le Midi et renforce l’autorité comtale; Bernard V de Comminges (fils de Bernard IV et de Comtors de la Berthe, il reçoit le territoire d’Aurignac par sa mère sur lequel il construit son château en 1240), il est impliqué dans les rivalités entre grandes familles du sud et au côté de son père dans la croisade contre les albigeois.
Les comtes doivent constamment négocier avec de puissants voisins qui sont les comtes de Toulouse, les rois d’Aragon et les seigneurs gascons.

Les changements en Comminges qui font suite à la croisade contre les Albigeois au XIIIe siècle.
Le territoire est moins touché que le Languedoc central, mais reste impliqué. Les comtes tentent d’équilibrer leurs relations entre les croisés venus du nord et les grandes familles occitanes.

Après la croisade, le pouvoir royal français s’étend progressivement dans le sud et l’autonomie des petits comtés diminue.

La société commingeoise médiévale est typiquement féodale avec la noblesse qui possèdent des châteaux dans les vallées pyrénéennes reste fidèle au comte. Le clergé dont l’évêché de Saint-Bertrand-de-Comminges joue un rôle central. L’influence religieuse est grandissante et les pèlerinages se multiplient. Les paysans développent l’agriculture notamment en montagne, l’élevage et l’exploitation forestière.
Les villages s’organisent souvent autour d’une église et où d’un château ou d’une motte féodale.

Plusieurs facteurs affaiblissent le comté :

  • crises démographiques (peste noire)
  • difficultés économiques
  • extinction progressive de la dynastie.

En 1454, le Comminges est rattaché à la couronne de France sous le règne de Charles VII.
Il devient alors une province intégrée au royaume, tout en gardant une identité régionale forte.

Sur notre destination il existe 3 anciennes cités comtales dont on peut voir les restes de cette époque dans leur cœur de ville, il s’agit de Saint-Marcet, Aurignac et L’Isle-en-Dodon. Chacun de ces bourgs avait son château, on trouve des restes encore debout à Aurignac et Saint-Marcet, à L’Isle-en-Dodon seul un mur du château est visible rue Maubec.

Les grands châteaux médiévaux du Comminges

le château de Saint-Marcet

Le Château de Saint-Marcet est l’un des sites castraux importants du Comminges.

Édifié vers 1260 sous l’impulsion des comtes de Toulouse, de Comminges et d’Alphonse de Poitiers, il servait de première place forte stratégique de la région.
La dernière comtesse, Marguerite de Comminges, y fut séquestrée par son époux Mathieu de Foix vers 1420 pendant près de vingt ans.
En 1621, sur ordre du roi Louis XIII, la forteresse fut désarmée et méthodiquement déconstruite, servant ensuite de carrière de pierres pour les habitants de la région.
Le propriétaire actuel du château a passé une grande partie de sa vie à rénover le site, qui est privé. Dans son aspect, tel qu’on le voit aujourd’hui, bien qu’en partie en ruines, on peut encore comprendre l’organisation d’un château médiéval de la région.

Le château d’Aurignac

Bâti en 1240 par Bernard V pour affirmer le pouvoir des comtes de Comminges sur la région, le château est le chef-lieu d’une châtellenie importante, servant de place forte militaire, administrative et judiciaire, les comtes n’avaient pas de résidence unique et y séjournaient seulement par intermittence, le lieu étant principalement géré par un capitaine châtelain qui représentait l’autorité du comtale.

Entouré par des murs d’une épaisseur de 1,5m à 2m, il est formé d’une enceinte rectangulaire quand on y ajoute la partie nord-est où se trouvait le logement du Comte. Les remparts sont renforcés par quatre tours d’angle cylindriques pleines et autrefois couronnées de créneaux. Le donjon était une tour de guet non couverte, il est aujourd’hui le seul bâtiment de cette époque encore debout. On y accède par un escalier et par la porte d’origine. Cette énorme bâtisse, légèrement tronçonique s’élève à 18 m de hauteur sur un diamètre extérieur de 9,25 m à la base, pour 8,25 m au sommet. Il comprend trois salles superposées. On y monte par un étroit escalier en spirale construit dans l’épaisseur des murs, entre deux tours concentriques.

Le château de Montespan

Les ruines montrent son rôle médiéval, à la fois poste de surveillance stratégique et protection des routes entre Saint-Gaudens et les vallées pyrénéennes, le Couserans.

Au XIIIe siècle, Grise d’Espagne, fille du seigneur de Montespan, épouse Roger de Comminges, vicomte de Couserans. De cette union naît une branche connue sous le nom des barons d’Espagne de Montespan, qui sont des descendants et vassaux des comtes de Comminges

Aujourd’hui, le site offre un panorama sur le Comminges.

Autres vestiges médiévaux en Comminges, le patrimoine religieux

Énormément de petits villages ont leur église datant du Moyen-Age, c’est le cas d’Aurignac, de L’Isle-en-Dodon, de Boulogne-sur-Gesse, de Saint-Marcet et bien d’autres… Il faut citer la majestueuse Collégiale saint-Pierre à Saint-Gaudens, la Cathédrale Sainte-Marie à Saint-Bertrand-de-Comminges et la Basilique Saint-Just à Valcabrère.
Des anciens couvents, monastères, des abbayes comme l’Abbaye de Bonnefont, on peut aussi voir à Alan l’ancien palais des évêques… tout un patrimoine qui racontent l’histoire du Comminges pendant cette période.